Aidants, ces invisibles

de Hélène ROSSINOT

On a lu pour vous…

Ce livre connaît un beau succès outre-Quiévrain. Sorti quelques semaines avant la loi française sur la reconnaissance des aidants proches (cf. texte de loi), il a été écrit par une médecin, spécialiste de santé publique. Prolongement de sa thèse sur les « aidants proches », son « plus » est que l’auteure elle-même confie, dans son livre, avoir été aidée par sa mère, durant sa maladie. Son contenu est dense, car H. Rossinot envisage la thématique à plusieurs niveaux : depuis les recensions mondiales du nombre d’aidants proches jusqu’à leurs vécus à domicile ou en hôpital, en passant par les « jeunes aidants proches », son regard balaie un vaste panorama de l’aidance.

Nous avons été particulièrement sensibles à son plaidoyer pour la « reconnaissance » des aidants proches : H. Rossinot exprime en effet qu’une reconnaissance légale, largement ouverte à tous les aidants proches, est une avancée mais qu’elle ne suffit pas… La reconnaissance des aidants proches passe aussi par le fait que la société elle-même doit ouvrir les yeux, et accorder une valeur positive à l’engagement manifesté par les aidants proches. Pour autant, résumer un individu à son « statut » d’aidant proche, c’est le restreindre à une étiquette, sans percevoir ses besoins, ses attentes… Le risque est alors grand, d’une incompréhension réciproque entre aidants proches et professionnels, chacun attendant de l’autre des rôles et des attitudes calqués sur « ce qui devrait être »… On projette des attentes, et/ou on mésestime les limites réciproques… Et c’est tout le mécanisme délicat de l’articulation entre soignants et aidants, qui s’enraie. H. Rossinot invite alors les professionnels à questionner les systèmes de soins. Elle renvoie aussi à la responsabilité des encadrants et des directions d’établissements et d’équipes. S’il est des choses que l’on ne peut éviter à l’aidant proche (la peur, le poids du quotidien, la peine…), il en est d’autres qui, selon elle, auront clairement un impact dans les années à venir. La place de l’aidant proche dans la prise en charge, son accompagnement face à la grande vulnérabilité de son proche, les questions douloureuses de fin de vie… devraient faire partie intégrante des formations des professionnels. « Reconnaître, écouter, orienter » devrait être un triptyque incontournable chez les professionnels… Le tout associé à une délicatesse de dentellière, parce que chaque situation rencontrée est, par essence, unique. Et que parce que « chaque décision a des conséquences et entraîne, de la part de celui qui les prend, des responsabilités » (p. 89).

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